Bienvenue sur le blog des Entrepreneuses Créatives

jeudi 19 avril 2018

RGPD: quel impact sur votre entreprise et vos mentions légales (partie 1)

Voici quelques semaines, nous avions invité les fondateurs de la solution française de création de sites web Orson.io à nous expliquer comment soigner nos contenus pour avoir un site performant.

Aujourd'hui, nous leur ouvrons les colonnes de ce blog pour deux nouveau articles sur LE sujet d'actualité business du moment: le "RGPD", cette nouvelle législation sur la protection des données personnelles en Europe, qui va impacter toutes les entreprises!


RGPD pour Règlement général sur la protection des données: ces dernières semaines/derniers mois, difficile d'échapper à cet acronyme et aux interrogations (voire aux peurs qu'il suscite), surtout au vu des amendes records annoncées (jusqu'à 20 millions d'euros).



Bonne nouvelle: pour les petites entreprises, dont le coeur d'activité n'est pas le traitement de données (ce qui est sans doute le cas), ce n'est pas si compliqué de se mettre en conformité avec cette nouvelle législation qui entrera en vigueur le 25 mai prochain. Nous vous conseillons, outre ces deux articles, la lecture du guide pratique RGPD: Passez à l'action, publié cette semaine par la CNIL et BPI France.

Dans ce premier article, Orson.io nous explique ce que le RGPD change pour les citoyens et consommateurs européens, et donc pour les entreprises. Le deuxième article expliquera comment se mettre en conformité.


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RGPD: votre entreprise est-elle concernée?

Avant de traiter le RGPD en profondeur, commençons par voir si vous êtes concernée.
Pour cela, sachez que, quelle que soit votre entreprise, que vous soyez représentante ou sous-traitante, petite ou grande entreprise, le RGPD vous concerne à partir du moment où vous:
>>traitez des données à caractère personnel,
>>disposez d’une entreprise domiciliée dans l’UE, même si les données sont traitées hors UE.
>> traitez des données de citoyens européens même si vous disposez d’une entreprise hors UE, comme Facebook

Vous pensez être concernée ? Alors, cet article est pour vous. On vous fait un récapitulatif des choses à savoir sur le RGPD et on vous aide à comprendre l’impact du RGPD sur vos mentions légales ainsi que l’attitude à avoir si vous souhaitez utiliser un générateur de mentions légales en ligne.
Bien entendu, cet article repose sur notre propre documentation, nos interprétations et sur les actions que nous avons nous même mis en place dans le cadre du RGPD.

Qu’est ce que le RGPD et pourquoi en parle-t-on autant?

Vous en avez sûrement entendu parler: “Comment se préparer au RGPD?” “Attention le RGPD arrive”. À croire qu’une attaque se prépare!

En réalité, RGPD est l’acronyme de Réglement Général sur la Protection des Données. C’est une directive européenne quant à la gestion des données personnelles qui vise à harmoniser la législation concernant le traitement de données dans toute l’Europe.

Cela fait peut-être moins peur qu’une attaque, mais le sujet incite tout de même à se poser de nombreuses questions. Surtout pour la professionnelle soucieuse de développer son business que vous êtes :

Qu’est ce que cela implique pour mon business ?
Est ce que cela me concerne ?

Deux questions qui concernent certainement une grande majorité d’entre vous qui exercent et développent leur business sur le web.

Le web est devenue une plateforme surpuissante ou plutôt un outil surpuissant. On y trouve plus de 1.4 milliard de sites internet dont une grande majorité à vocation professionnelle.

Or, pour amplifier et exploiter cet outil au mieux, de nombreux sites web récoltent et réutilisent des données personnelles sur leurs visiteurs.

Se pose alors une double question de moralité et de sécurité : est-il moral de récolter et utiliser des données personnelles et privées ? Ces données sont-elles en sécurité ?



Les internautes veulent savoir à qui et pourquoi ils fournissent leur données. Mais aussi pouvoir exercer un contrôle suffisant sur ces données qui leurs appartiennent. Un droit tout à fait fondamental qui fait écho à l’article 9 du code civil : le droit au respect de la vie privée.

Si en 1995 une directive avaient été adoptée pour tenter d’encadrer le développement des traitements de données à caractères personnel, cela n’a pas suffit à l’harmonisation des législations des états de l’Union Européenne. Raison pour laquelle l’application d’une règlementation est devenu nécessaire. Le RGPD entrera donc en vigueur dès le 25 mai 2018. Une date butoir qui approche à grand pas et qui explique tout le bruit créé autour du RGPD.

Qu’est-ce qui change avec le RGPD ?

En théorie, les entreprises ne devrait pas avoir trop de mal à respecter le RGPD puisque celui-ci ne fait qu’introduire quelques nouveaux droits non inclus dans la directive de 1995. Ceci dit, rare sont les entreprises qui respectent déjà cette directive. Alors autant dire que certains devront travailler dur pour respecter les anciens et nouveaux droits.

Les nouveaux droits introduits par le RGPD:

>> Le droit à la limitation du traitement permet à une personne physique d’exiger la limitation du traitement de ses données. En faisant jouer ce droit, la personne physique contraint l’entreprise à stocker ses données sans les utiliser. Ce droit ne peut se faire valoir que si le traitement est illicite et/ou si les informations récoltées sont inexactes.

>> Le droit à la portabilité veut que tout individu puisse récupérer toutes les données le concernant auprès de n’importe quel organisme pour les réutiliser comme bon lui semble.

>> Le droit à l’oubli, lui offre à tout individu la possibilité d’obtenir l’effacement de toutes les données le concernant auprès d’un organisme. Par retrait du consentement, par injustification des données récoltées, opposition au traitement, etc.

Il y a, cependant, quelques exceptions :

Le droit à la portabilité des données ne s’applique pas s’il s’agit d’un traitement nécessaire à l'exécution de missions du service public.

Le droit à l’oubli ne s’applique pas aux traitements répondant à des objectifs d’archivage scientifique, historique ou nécessaires à l’intérêt public.

Les anciens droits toujours d’actualité:

En plus d’ajouter des nouveaux droits, le RGPD en reprend certains, notamment :

>> Le droit à l’information, c’est à dire le droit d’être tenu informé dès lors qu’il y a collecte de ses données même si celles-ci ont été obtenus auprès d’une tierce personne. Prenez connaissance des informations à fournir à vos internautes.

>> Le droit d’accès, qui stipule qu’une personne à le droit d’obtenir une confirmation quant à l’état de ses données (sont elles ou non traitées ?) et une copie de ses données.

>> Le droit de rectification. Droit qui permet de demander à compléter ou à rectifier ses données.

>> Le droit d’opposition, qui consiste à pouvoir dire non à un traitement de données à caractère personnel, à tout moment. Ou à s’opposer à l’utilisation marketing de ses données.

>> Le droit à la communication d’une violation de données à caractère personnel. Droit qui oblige le responsable de traitement à prévenir toute personne dont les données auraient été violées.

Quelles données faut-il protéger ?

Le RGPD traite le sujet des données à caractère personnel. C’est à dire des données permettant d’identifier directement ou non un citoyen.

Les numéros de téléphone portable, les adresses IP, plaques d’immatriculation, numéros de sécurité sociale, représentent aussi des données à caractère personnel puisqu’il est possible de les utiliser pour remonter vers l’individu concerné.

On peut classer ces données en deux catégories:

D’un côté on a les données non-sensibles. De type nom, prénom, date de naissance, genre, etc.

Et de l’autre les données sensibles qui sont relatives à l’orientation sexuelle, la philosophie, l’opinion politique, ou encore à la santé d’un individu, aux domaines juridique ou pénal.

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Rendez-vous demain pour la suite de cet article: comment mettre vos mentions légales en conformité avec le RGPD.

vendredi 13 avril 2018

Organiser des ateliers créatifs : le livre

Notre nouveau livre "Organiser des ateliers créatifs" aux éditions Eyrolles est actuellement chez l'imprimeur et devrait donc sortir des presses la semaine prochaine !!! Impossible donc de garder cela pour nous car dans 6 semaines il sera sur les étagères de vos libraires préférés. Nous en profitons donc pour vous faire découvrir sa couverture et son résumé...



mardi 13 mars 2018

Mettre votre talent de créatrice au service des commerçants


Au détour de nos lectures web, nous sommes tombées sur cet article publié sur Linkedin : "Art & Retail : Quand les artistes créent l’expérience client dans les vitrines des marques". Cet article souligne l'intérêt pour les grandes marques de repenser leur point de vente en créant notamment de l'émotion dans l'expérience client qu'elles souhaitent proposer.

Inviter l'art dans les vitrines est une façon originale de transformer une boutique physique en un espace de découvertes. On sort du champ purement commercial pour inviter le visiteur à vivre l'achat autrement.

C'est donc naturellement que nous avons fait le lien avec une opportunité logique pour les Entrepreneuses Créatives qui ont tout le talent nécessaire à une telle mise en pratique. 

Nous sommes allées à la rencontre de deux de ces entrepreneuses qui sont passées à l'acte et sont intervenues pour des commanditaires différents : un événement parisien éphémère et une boutique de renom en province. Il est en effet important de distinguer ces deux types de lieux dont les contraintes d'installation ne seront pas les mêmes pour la créatrice qui y installera son décor.


Une expérience riche en apprentissages terrain

Pour Emilie Bredel, artiste sculpteur en fil de fer, sa première expérience en création de vitrine était pour l'une des ventes privées de créateurs organisées par l'Hôtel Bohème (son portrait est à retrouver ici).

Une première pour elle qui s'est avérée être une vraie source d'apprentissages. : " Mes sculptures n'habillaient pas assez l'espace, le fil de fer n'est pas assez visible lorsqu'il n'est pas présenté devant un fond uni. J'avais prévu, des coquillages dont certains pailletés, des branches transformés en coraux, des guirlandes lumineuses mais ça n'a pas suffit."

En effet, les créations fait-main ont besoin d'un environnement spécifique pour s'exprimer pleinement. Leur mise en valeur varie selon l'endroit et les conditions dans lesquelles vous les exposerez (luminosité, passage, accroche....). Il faut donc prendre en compte des conditions différentes dont celles dont vous avez l'habitude.

"J'ai fait des pièces très complexes qui m'ont pris un temps fou comme des méduses et des hippocampes mais ce n'était pas adapté pour ce grand espace. Ils étaient trop hauts pour ne pas gêner la circulation des visiteurs et un peu perdus dans cet open space. Enfin j'avais prévu quelques éclairages avec des tessels de miroirs pour créer des miroitements afin de créer une ambiance aquatique mais l'espace était trop lumineux pour pouvoir les voir!" explique-t-elle avec le recul. 

On comprend ici la difficulté à anticiper les facteurs techniques venant directement modifier la scénographie prévue. "La difficulté est de ne pas pouvoir faire des essais dans le lieu d'expo (loué pour des événements éphémères). J'avais essayé également de trouver un technicien lumière et des stagiaires en étude aux Beaux-Arts mais sans résultat. " explique-t-elle.

Emilie a ainsi appris les facteurs à prendre en compte pour la prestation suivante : "pour mon exposition à l'Espace François Mitterrand de Canteleau (76) j'ai cette fois pu concevoir une scénographie de papiers découpés au laser grâce à l'ouverture du Fablab Les Copeaux Numériques dans la région. J'ai également fait appel à l'expérience d'une architecte scénographe (Tsanta - Le studio éphémère)pour un espace précis de l'exposition. L'espace était vaste et il fallait absolument d'autres éléments que le fil de fer pour accrocher le regard et emmener les visiteurs dans mon univers animal et végétal. Pari réussi avec une multitude de feuillage et de fleurs en papiers découpés qui entouraient les animaux sauvages ou de la forêt et une scénographie en papiers calques avec une belle mise en lumière (effectuée par les techniciens du lieu d'expo) pour les animaux marins." 

L'expérience Hotel Bohème lui a donc largement servi pour réaliser cette nouvelle scénographie et cette créatrice s'est ainsi "rendue compte de l'importance d'une aide extérieure pour de tels projets. Lorsqu'on travaille seul(e) on a du mal à déléguer et on a tendance à tout vouloir réaliser pour rester "maître" du projet." Le résultat a été au-delà de ses attentes puisqu'il a renforcé l'univers poétique et aérien qu'elle souhaite exprimer dans ses sculptures. 

Se faire accompagner et travailler dans des conditions techniques optimales sont deux facteurs de succès important pour des mises en scène événementielles comme celles décrites ici par Emilie. Si les conditions d'installation diffèrent pour l'installation de vitrines chez les commerçants, les conseils restent complémentaires.






Démarcher les commerçants de sa région

Mais comment aborde-t-on ces fameux commerçants locaux susceptibles d'être intéressés par votre travail et une telle prestation ?

Astrid de Vachon, créatrice de la marque Estampapier de sculptures  en papier selon l'art du pliage japonais : l'origami, a eu la chance de décorer des vitrines de magasins à Compiègne, comme un magasin d'audition, une librairie et une boutique de chocolats et de thés ou encore la Lunetterie Dadier, très belle boutique proposant des lunettes de qualité et originales.

Elle explique avoir "démarché les toutes premières vitrines, choisissant les boutiques les plus chics de la ville et surtout celles qui ont une belle façade et une vitrine qui pourrait mettre en valeur" son travail. Elle ajoute que "dans les villes de province le bouche à oreille fonctionne très bien et - elle connait justement - bien l'équipe de la Lunetterie Dadier."

Si elle n'a pas de formation pour ce genre de métier (la scénographie = l'art de mettre en scène des objets), son travail s'y prête en réalité à la perfection et l'année dernière elle a ainsi eu le plaisir de préparer plusieurs suspensions pour une même boutique.

Mais un tel travail ne se fait pas comme ça : "il y a eu toute une préparation et une réflexion stratégique avant de partir à l'aventure. En premier lieu j'ai rencontré l'équipe de la Lunetterie Dadier, nous avons mis en commun nos idées, en tenant compte de ce qu'ils souhaitaient. Le temps de préparation a été le même que pour mes commandes, mais comme tout bon commerçant qui se respecte mes clients me l'ont un peu demandée au dernier moment. Pour une suspension il me fallait trois jours, j'en avait quatre à faire, j'ai mis le turbo et tout était prêt à temps pour le changement de vitrine et l'installation."

L’installation, comme l'évoquait plus haut Emilie Bredel, est en effet le moment où on peut se rendre compte du rendu réel final tous paramètres et inconnues confondus. 

Astrid elle s'est rendue à la boutique avec les quatre suspensions de diamants, le jour où ils changeaient la vitrine. Elle raconte "avec Clémence nous avons installées les suspensions en toute simplicité avec les clients qui allaient et venaient.  C'était assez simple et rapide puisque tout le travail avait été accompli à la maison. Il ne restait plus qu'à les suspendre. Quelques diamants étaient posés à côté des lunettes un peu partout dans la boutique. J'étais très contente car les vitrines avaient fière allure et mon travail a vraiment été mis en valeur."



Si une expérience n'en fait pas une autre, chaque nouvel essai permet une mise en situation dont vous pourrez tirer des apprentissages bénéfiques.

Les créatrices ont cette recherche constante de la perfection et un sens critique très affiné et exigeant quand il s'agit de s'auto-juger. Vous verrez des détails qu'un visiteur non aguerri ne remarquera pas en poussant la porte de la vitrine. Il est donc important de se satisfaire du challenge accompli que de la perfection non atteinte selon l'adage "Better done that perfect" (il est important de faire l'action plutôt que de rechercher la perfection à tout prix).

Astrid donne ainsi comme conseils aux entrepreneuses créatives souhaitant se lancer dans une telle activité de : "ne pas hésiter à se lancer, mais qu'il faut par contre bien préparer sa démarche et ce qu'on pourrait proposer. Toujours choisir les boutiques aux endroits stratégiques (lieux passants, beaux quartiers) et de belles façades, notre travail le vaut bien.  C'en est en effet une autre facette et c'est très enrichissant."


Quelques conseils supplémentaires

Nous rajouterons pour conclure cet article quelques conseils pratiques et stratégiques qui pourront vous aider à vous lancer. Nous sommes de celles qui aiment proposer gratuitement nos services pour nous faire connaître. Nous continuons d'ailleurs de façon ponctuelle et selon l'actualité du fait-main et de l'entrepreneuriat à répondre bénévolement à certaines sollicitations, pour ce qui est notamment de faire parler de nos ouvrages aux éditions Eyrolles.

Ainsi n'ayez pas peur pour vous construire votre première expérience de proposer gracieusement vos services à une boutique que vous appréciez et que vous connaissez, cela vous permettra un premier coup d'essai et de quoi débuter votre porte folio.

N'oubliez pas de prendre des photos de toutes vos vitrines, de les publier sur les réseaux sociaux pendant la période d'exposition, et sur son blog pour en garder une trace (il est en effet primordial de documenter votre parcours pour la suite), bref faites de votre prestation de scénographie éphémère un réel événement de communication !

Gardez aussi en tête qu'outre les bénéfices financiers que vous pourraient dans une second temps dégager d'une telle prestation, le but est bel et bien de profiter de cette occasion pour vous faire aussi votre "propre vitrine". Ainsi il est important de prévoir sur place de quoi vous retrouver en ligne : comme des flyers, des cartes de visite ou encore des cartes postales, le but étant de vous faire connaître et de vendre vos créations par la suite. Laissez sur place de quoi vous retrouver sur le web ou en vrai !

Soyez claire avec le commerçant sur les dates d'exposition (montage et démontage) et sur les modalités de la collaboration (certains commerçants pourront demander une commission sur la vente des décors si la demande se fait sentir). Enfin, ne négligez pas le démontage de votre installation qui demandera aussi du temps et de la logistique (tant qu'à faire autant que vos créations soient réutilisables par la suite.